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    Écrire (sur) la musique : qui dit quoi ?
    Écrire (sur) la musique : qui dit quoi ?
    Stéphane Lelièvre
    samedi 15 décembre 2012 de 9h à 17h Maison de la recherche, salle D040 (28 rue Serpente Paris 6e)
    Procéder à une étude comparée des arts et non des seules littératures est une démarche déjà ancienne, qui trouve notamment sa légitimité dans le fait que les différentes formes d’art peuvent être appréhendées selon des perspectives identiques : art et représentation, art et création, art et langage,… Au sein de ce possible champ d’étude que constituent les arts comparés, les liens que tissent entre elles la littérature et la musique sont tout à fait particuliers. C’est que toutes deux permettent l’expression et la communication selon deux modalités différentes, l’une ressortissant au monde des sons, l’autre à celui des signes graphiques. Une particularité qui, en érigeant la musique comme une forme possible de langage (ce qui, au demeurant, ne laisse pas d’être débattu ou contesté), tantôt place ces deux arts sur un pied d’égalité, tantôt révèle ce qui les singularise.

    Leurs relations avec les domaines de la phonè et de la graphè permettent en effet à la littérature et à la musique de se rejoindre, puisque l’une et l’autre recourent aux signes écrits qui les fixent, dans l’attente d’une possible appropriation par un lecteur/interprète – ce qui inscrit ces deux formes d’art dans une double temporalité : celle de la pérennité, assurée par l’écrit, celle de l’éphémère, les œuvres littéraires ou musicales s’actualisant autant de fois qu’elles sont lues ou interprétées.
    Mais les liens entre littérature et musique revêtent également parfois un caractère complémentaire ou conflictuel. Complémentaire puisque toutes deux concourent, par les moyens qui leur sont propres, à cette quête de la poésie – en tant que forme d’expression supérieure, affranchie des contingences humaines – dont chaque artiste est investi ; conflictuel dans la mesure où, en dépit d’affinités indéniables, les moyens utilisés par chacune d’entre elles, mais aussi leurs finalités, les effets produits sur leurs possibles récepteurs diffèrent sensiblement : s’il est bien sûr admis que la musique a pour vocation première de se réaliser dans le domaine des sons, c’est-à-dire d’être exécutée afin que puisse être assurée sa publicité, la littérature, sauf cas particulier, ne se réalise qu’intérieurement, au cours d’une lecture individuelle et silencieuse. Par ailleurs, si toutefois l’on considère la musique comme un langage, se pose le problème d’une adéquation entre la forme (l’agencement des sons) et un éventuel contenu sémantique : la musique a-t-elle pour fonction de signifier, de représenter ? Tantôt la musique est considérée comme l’art autoréférentiel par excellence (c’est, entre autres, le point de vue d’Alain qui, dans ses Propos sur l’esthétique , écrit : « La musique est seulement la musique, […] elle se termine à elle-même et se suffit » ; tantôt est affirmée la possibilité pour la musique d’exprimer, de véhiculer un message. Certes, à la précision supposée du langage verbal, elle oppose un contenu indéfinissable, mais que d’aucuns présentent paradoxalement comme étant très supérieur à celui véhiculé par les mots – voire, pour Balzac, à toute autre forme d’art. Gambara, le musicien génial et fou des Études philosophiques ne déclare-t-il pas : « Vous ne voyez que ce que la peinture vous montre, vous n’entendez que ce que le poète vous dit, la musique va bien au-delà […]. La musique seule a la puissance de nous faire rentrer en nous-mêmes ; tandis que les autres arts nous donnent des plaisirs définis » ?
    Cette mise en perspective des lettres et de la musique, révélant dans le même temps analogies et divergences, ne pouvait qu’engendrer une forme de rivalité entre ces deux arts : tantôt la musique est tenue à distance par les auteurs littéraires, qui soulignent les différences irréductibles la distinguant du langage humain, parlé ou écrit. (On se souvient ainsi de certaines déclarations de Théophile Gautier, homme de lettres mélomane s’il en fut, affirmant pourtant dans Les Grotesques sa volonté de « remettre à son véritable rang la musique, que l’on affecte de regarder comme la poésie même, quoique l’une s’adresse plus particulièrement aux sens et l’autre à l’idée, ce qui est fort différent », ou déclarant encore que « la poésie et la musique, que l’on croirait sœurs, sont plus antipathiques qu’on ne le pense communément ») ; tantôt la musique apparaît, aux yeux des écrivains, comme le langage poétique par excellence, permettant de renouer avec la pureté d’une langue originelle définitivement perdue – conception héritée des philosophes des Lumières et que partagent certains romantiques, allemands ou français.

    Or le caractère très particulier de cette relation entre musique et littérature, dont le spectre s’étend de l’ignorance à la rivalité ou l’admiration réciproque, ne se manifeste jamais avec autant d’évidence que lorsque les écrivains décident de faire entrer l’élément musical dans le champ littéraire. De fait, tout écrit sollicitant une thématique musicale participe, nécessairement, de cette réflexion. Peut-on écrire la musique autrement que par le biais de la composition musicale ? Ou bien doit-on se contenter d’écrire sur la musique, l’objet musical gardant son irréductible singularité sans pouvoir être intégré, assimilé à la trame que tissent les mots ? La réflexion permet des développements différents selon la nature de l’objet littéraire considéré, et/ou la personnalité artistique de son auteur. Qu’il s’agisse d’œuvres de fiction, d’écrits théoriques ou critiques, de réflexions librement menées dans le cadre d’une correspondance ; qu’il s’agisse d’écrits émanant d’hommes de lettres ou de musiciens analysant leur art ou leurs propres œuvres, plusieurs questions, nécessairement, se posent :

    - L’auteur choisit-il de rendre compte de la musique par des références ou des citations musicales précises ? Par le recours à certains procédés métaphoriques, ou métonymiques ? S’agit-il pour lui de tenter une transposition d’art ? Ou bien de rivaliser avec la musique en recourant, dans son écriture même, à certains procédés typiquement musicaux ?
    - Quels sont les rôles (dramatique ? esthétique ?) dévolus aux références musicales au sein d’un roman ou d’une nouvelle ? Comment la musique s’inscrit-elle dans le corps du texte (description/récit de concerts ; citations musicales…) ? Comment sa présence informe-t-elle le texte ?
    - Quelle part est accordée, dans le cas d’écrits théoriques ou critiques, à l’aspect technique de la musique ? Comment, au sein d’un même texte, solliciter à la fois les connaissances scientifiques et la sensibilité, la perception poétique d’une œuvre ?
    - Faut-il être musicien (plus spécifiquement compositeur) pour parler avec pertinence de la musique ?

    Notre journée d’étude se propose d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions, et de compléter les perspectives ici esquissées par l’étude ou la suggestion de nouvelles problématiques.

    *

    PROGRAMME

    09h20 accueil des participants

    TEXTES CRITIQUES ET THEORIQUES : 09H30 – 12H40

    09h30 Claude Coste, Professeur, Université Stendhal (Grenoble 3)
     La musicologie de Roland Barthes
    09h50 François Giroux, Maître de Conférences, Université Paris-Sorbonne (IUFM de Paris)
     Hermann Broch et l'abolition du temps, noyau cognitif de la musique
    10h10 Timothée Picard, Professeur, Université de Rennes 2 / Institut universitaire de France
     « La littérature essaye par des mots de créer l’état du manque de mots. » Paul Valéry face à l’indicible musical
    10h30 Mise en perspective et discussion avec la salle
    10h50 Pause café
    11h10 Charles Arden, Doctorant, Université de Paris VIII
     Pourquoi écrire sur la musique : la critique comme traduction et représentation
    11h30 Angélica Rigaudière, Docteur, Université de Reims Champagne-Ardenne (IUFM)
     Le musicologue et l’activité musicographique au prisme des revues savantes
    11h50 Mise en perspective et discussion avec la salle

    12h00 Delphine Aebi, Docteur de l’Université Stendhal (Grenoble 3)
     « Il faut apprendre à s’accorder » : quelques notes de jazz dans la France des années 1940 à 1960
    12h20 Noëmie Vermoesen, Doctorante, Université de Rennes 2
     Écrire le rock : Yves Adrien, de technicien à littérateur
    12h30 Mise en perspective et discussion avec la salle
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    12h40 Déjeuner
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    L’INSCRIPTION DE LA MUSIQUE DANS LE CHAMP LITTERAIRE : 14H00 – 15H40

    14h00 Thomas Le Colleter, Doctorant, Université Paris-Sorbonne
     Le piano chez Lorca, poétiques et représentations
    14h20 Marie Gaboriaud, Doctorante, Université Paris-Sorbonne
     Les écrits musicaux de René Fauchois : exercice littéraire ou musicographique ?
    14h40 Mise en perspective et discussion avec la salle

    14h50 Stéphane Lelièvre, Maître de conférences, Université Paris-Sorbonne (IUFM de Paris)
     L’intégration de l’élément musical aux fictions romanesques dans les années 1830-1840
    15h10 Françoise Sylvos, Maître de Conférences HDR, Université de la Réunion
     L'utopie au XIXe siècle dans son rapport à la musique
    15h30 Mise en perspective et discussion avec la salle
    15h40 Pause café
    PAROLES DE MUSICIENS : 16H00 – 16H50

    16h00 Florence Lethurgez, Maître de Conférences, Université d’Aix-Marseille (IUT d'Aix-en-Provence)
     La pratique d’écriture de notices de présentation de leurs œuvres lors de leur création au concert par les compositeurs de musique contemporaine
    16h20 Michela Niccolai, Docteur de l’Université Jean Monnet (Saint-Étienne), Chercheur affilié, OICRM, Montréal
     Gustave Charpentier écrivain : entre la critique de presse et l’autobiographie
    16h40 Mise en perspective et discussion avec la salle
    16h50 Clôture
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